entre élimination logique et carences du tennis féminin français

Sacrées en 2019 en Australie, les Françaises ne verront pas cette année les demi-finales de la Billie Jean King Cup, nouvelle formule de la Fed Cup qui se déroule à Prague, éliminées dès les phases de groupes mercredi.

Sans surprise, l’équipe de France de Fed Cup n’a pas réussi à se qualifier pour les demi-finales de la phase finale de la désormais Billie Jean King Cup. Après être passées au travers lundi face au Canada, les joueuses de Julien Benneteau, tenantes du titre, ont tout donné face aux Russes. Mais la marche était logiquement trop haute face Anastasia Pavlyuchenkova et ses coéquipières. Explications d’un échec.

Une élimination logique

Il fallait s’imposer 3-0 ce mercredi face à la Russie. Réaliser trois exploits. Clara Burel avait bien lancé les Bleues mais Alizé Cornet, malgré un énorme combat, a dû rendre les armes face à Pavlyuchenkova. « On savait que la poule était difficile surtout avec l’équipe de Russie. On n’est pas loin, jusqu’à la fin on y a cru. C’est difficile, mais aujourd’hui la Russie a été plus forte que nous », analyse Julien Benneteau.

Le point positif de cette compétition: la cohésion renforcée de l’équipe de France. « Forcément, on garde des bons souvenirs que cela soit ce matin ou quand on a perdu contre le Canada. Voir l’équipe toujours aussi soudée après une défaite. Ce sera des souvenirs qui vont rester. Et même si le format a changé, cela n’empêche pas de vivre de belles émotions », confie Clara Burel. « Des moments en équipe supers! Avec Julien [Benneteau], j’ai fait trois matches avec lui sur la chaise, et c’est sans doute mes trois meilleurs matches de Fed Cup (rires). J’y arrive enfin! Et puis même si Caro [Garcia] n’a pas joué cette semaine, le groupe était top et Clara m’a impressionné sur le court aussi. C’est prometteur », confie Alizé Cornet.

Un manque d’individualité et d’un double fort

Cette élimination précoce des tenantes du titre met en lumière les carences actuelles du tennis féminin français avec ce nouveau format de la compétition: l’absence d’une joueuse leader habituée du top 20 mondial. Niveau que ne fréquentent plus les tricolores depuis un moment. « Il manque une joueuse du top 20. On est dans une période de transition, et de doutes au sein de nos joueuses. Mais il faut redonner cette confiance à nos joueuses, fédérer, repartir dans une autre aventure », analyse le président de la Fédération française de tennis Gilles Moretton, qui a apprécié la cohésion de l’équipe cette semaine.

L’autre carence est nette sur cette phase finale, qui valorise les équipes de double compétitives. Les Bleues ne sont pas assez solides en l’absence de Kristina Mladenovic. « Sur l’état actuel de l’équipe, ce n’est pas le format qui nous convient le mieux. Après, j’ai quatre joueuses ici, Kristina n’était pas là. Il y a un petit resserrement dans la hiérarchie WTA chez les Françaises à partir de la 80e place. Si on arrive à avoir cinq joueuses, avec des joueuses qui jouent plus régulièrement en double, c’est un format qui peut nous réussir complètement. On voit toutes les équipes, les joueuses de double le jouent à l’année, il n’y a pas de secret là-dessus », explique Julien Benneteau. Gilles Moretton abonde: « Il nous manquait l’atout de double que l’on a normalement. On a la meilleure équipe du monde avec Caroline et Kristina. Après il faut que l’on arrive avec l’ensemble de nos forces pour défendre nos chances. Cela veut dire que l’on n’est pas loin ».

Avec l’absence de Kristina Mladenovic, Julien Benneteau avait fait le choix par force de partir à quatre uniquement. Trop juste avec les exigences de cadence de cette phase finale pour Alizé Cornet: « Je le trouve assez demandeur ce format, fatigant. Les journées sont longues. On se disait avec Clara s’il faut enchaîner deux journées d’affilée comme le Canada et la Russie… On a eu un petit jour de repos salutaire. C’est hyper demandeur, je pense que le fait d’avoir cinq joueuses aiderait pour avoir plus de fraîcheur », analyse Alizé Cornet.

Un fiasco populaire total

Au-delà du sportif, cette phase finale est pour l’instant un fiasco populaire total. Si elles assurent avoir trouvé l’énergie dans les regards de leur équipe pendant les matches, ce n’est quand même pas la même ambiance et les mêmes ressorts exploitables lors d’une rencontre qui se joue aux couteaux. Demandez à Hugo Gaston ce qu’il pense de l’appui du public à Paris… Même quand la République Tchèque a joué cette semaine, à peine le quart de la salle du court central était rempli… Le fiasco est double, car l’une des raisons de la réforme de la Coupe Davis et de la Fed Cup était: faire revenir les top joueuses et joueurs. Bien sûr ce n’est pas le cas dans cette phase finale. À peine deux membres du top 10 sont présentes en raison, entre autres, d’un Masters calé… la semaine prochaine à l’autre bout du monde.

S’il faut aussi voir un autre point positif: l’équipe de France devra passer par les tours qualificatifs en 2022, et les Bleues auront le droit à un format « home and away » fidèle à l’ancienne formule qui leur a tant souri en 2019.

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