« A 5 ans, il était déjà différent », souligne l’entraîneur d’Hugo Gaston

Un an après son superbe parcours à Roland-Garros, Hugo Gaston retrouve les lumières parisiennes avec un beau parcours à Bercy. Le Toulousain, issu des qualifications, s’est qualifié pour les 8es de finale en dominant Pablo Carreno Busta. Retour le profil du futur membre du Top 100 avec son entraîneur, Marc Barbier.

Marc, on a vu Hugo Gaston exploser de joie après son exploit face à Pablo Carreno Busta. En conférence de presse, il est moins expansif…

Hugo est un garçon pudique. Il s’exprime essentiellement avec la raquette en main. Mais on l’a vu s’exprimer avec le public. Dans le vestiaire, il a montré des signes de bonheur mais tout cela est dans la retenue. Que ce soit dans la victoire ou la défaite. C’est ce qu’il fait de lui un joueur qui continue sur sa route, son chemin, sans excès, sereinement. Il avance à son rythme.

En 2020, à Roland-Garros, vous aviez qualifié son parcours d’irrationnel ? C’est le cas au Rolex Paris Masters ?

Non. Je rejoins les propos d’Hugo : ce sont deux tournois totalement différents, sur une surface différente. Et puis, Hugo est un joueur totalement différent. Il a mûri, il a progressé, il s’est nourri de toutes les expériences. C’est incomparable. L’an passé, il est passé de l’ombre à la lumière en quelques jours. On n’était clairement pas préparés. Mais comment se préparer à un exploit pareil ? Quelques semaines auparavant, on jouait dans des Challengers sans public. D’un seul coup, on se retrouve sous les feux de l’actualité avec des sollicitations dans tous les sens ? On ne pouvait pas se préparer. Il a fallu le vivre…

Ce qui frappe dans le jeu d’Hugo Gaston, ce sont ses amorties…

En fait, quand son papa me l’a amené, à cinq ans et demi, la première balle que je lui ai envoyée, il m’a fait une amortie ! Non, je plaisante. Son papa, président d’un club de la banlieue toulousaine, m’avait demandé de voir son garçon. Il trouvait qu’il avait des aptitudes. Effectivement, il avait quelque chose de singulier. Il était très bien coordonné pour un enfant de cet âge. Plus j’augmentais le niveau de difficulté, plus il répondait à la demande. Après, il fallait le voir en situation réelle. Il est venu à un petit rassemblement que j’organisais avec des enfants plus âgés. Ça a duré deux heures et, de mémoire, il n’a pas perdu un match. Ça a validé le fait que ce jeune garçon était différent. En fait, Hugo ‘jouait’’, dans le sens premier du terme. Ce qui l’amusait c’était de faire courir l’adversaire, que ce soit vers l’avant, sur les côtés ou au-dessus de la tête ! C’est ça qui l’amusait. L’idée, c’était de l’accompagner sur ce chemin-là et de ne pas le transformer pour en fait un joueur qu’il n’était pas. Mais il ne faut pas résumer Hugo à l’amortie, c’est un joueur créatif. Il faut trouver l’équilibre.

Hugo Gaston possède un tennis atypique…

Il n’est pas spectaculaire par sa qualité de frappe. Il n’est pas musculeux. Il ne frappe pas très fort dans la balle en permanence. Mais par contre, il sait faire un tas de choses que beaucoup de joueurs ne savent pas faire. Certains se cassent les dents car il a de quoi contrecarrer des joueurs puissants.

Ça tombe bien, il va jouer Carlos Alcaraz, qui ne manque pas de puissance…

Ils se connaissent, ils ont déjà échangé quelques balles juste avant Roland-Garros, dans un Challenger au Portugal. Et d’ailleurs, Juan Carlos Ferrerro, son entraîneur, m’avait glissé que Carlos serait Top 30 à la fin de la saison. J’avais trouvé ça très ambitieux mais il va y être. J’ai beaucoup de respect pour cette association. Je trouve formidable qu’un ancien numéro 1 mondial s’investisse autant. Je pense que cela va au-delà de l’entraînement, c’est un travail d’éducation. Ils sont top les deux. On va y aller avec beaucoup d’humilité mais aussi de l’ambition.

Sébastien Grosjean s’est exprimé après la victoire d’Hugo. Après le forfait de Ugo Humbert, ça sent la sélection en Coupe Davis fin novembre…

Je suis ravi si j’empêche Sébastien de dormir sereinement la nuit. Evidemment, ce serait un honneur pour Hugo de porter le survêtement de l’équipe de France. Il l’a toujours porté avec beaucoup de fierté dans les catégories jeunes. Il est très sensible aux sélections. Ce serait un grand bonheur. On a effectivement discuté avec Sébastien. Je suis conscient qu’il fait partie des discussions. S’il n’y est pas, il y a les matches par équipes ave le Stade Toulousain…

Propos recueillis par Eric Salliot

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