le mail attribué à Peng Shuai « accroît les inquiétudes » du patron de la WTA qui demande des preuves

Steve Simon, président de la WTA, pense que Peng Shuai, portée disparue, n’a pas écrit le mail censé être rassurant qui a été dévoilé par un média d’État chinois. Le patron du tennis féminin réclame une preuve indépendante de la bonne santé et de la liberté de la joueuse, qui a accusé un ancien haut responsable politique d’agression sexuelle.

Steve Simon ne croit pas au mail relayé par un média d’État chinois et attribué à Peng Shuai. Peu après la diffusion d’un message dans lequel il est écrit à la première personne que « tout va bien » pour la joueuse de tennis chinoise qui a disparu depuis une douzaine de jours, le président de la WTA (l’association qui chapeaute le circuit professionnel féminin) a exprimé ses doutes et ses craintes. Pour lui, le texte en question, qui dément également l’accusation sexuelle visant l’ancien vice-Premier ministre chinois Zang Gaoli, a tout d’un faux.

« La déclaration publiée aujourd’hui par les médias d’État chinois concernant Peng Shuai ne fait qu’accroître mes inquiétudes quant à sa sécurité et à l’endroit où elle se trouve. Peng Shuai doit être autorisée à s’exprimer librement, sans coercition ni intimidation d’aucune sorte », a déclaré Steve Simon, dans un communiqué dévoilé mercredi.

« La WTA et le reste du monde ont besoin de preuves indépendantes »

« J’ai du mal à croire que Peng Shuai ait réellement écrit le courriel que nous avons reçu, ou qu’elle croit ce qu’on lui attribue, a-t-il ajouté. Peng Shuai a fait preuve d’un courage incroyable en décrivant une allégation d’agression sexuelle contre un ancien haut fonctionnaire du gouvernement chinois. La WTA et le reste du monde ont besoin de preuves indépendantes et vérifiables qu’elle est en sécurité. J’ai essayé à plusieurs reprises de la joindre par de nombreux moyens de communication, en vain ».

« Ses allégations d’agression sexuelle doivent être respectées et faire l’objet d’une enquête en toute transparence et sans censure. La voix des femmes doit être entendue et respectée, et non censurée ou dictée », a également déclaré Steve Simon.

La WTA hausse donc le ton, après s’être montrée très prudente lors des premiers jours de l’affaire. Dans un premier temps, l’instance avait déclaré avoir « reçu confirmation » que Peng Shuai se trouvait « en sécurité et pas menacée physiquement ». Aucun responsable du circuit étranger à la fédération chinoise n’avait toutefois pu s’entretenir avec la joueuse de 35 ans.

Aucune apparition depuis début novembre

Ancienne n°1 mondiale en double, Peng Shuai a accusé Zhang Gaoli, qui a été de 2013 à 2018 l’un des hommes politiques les plus puissants de Chine, de l’avoir contrainte à une relation sexuelle avant d’en faire sa maîtresse. Cette accusation explosive avait été brièvement postée le 2 novembre sur le compte officiel Weibo (un équivalent chinois de Twitter) de la joueuse, notamment victorieuse en double à Roland-Garros en 2014.

Dès le 4 novembre, la Chine avait bloqué toute référence à ce message attribué à Peng Shuai. Si la censure avait rapidement fait disparaître le message de l’internet chinois, des captures d’écran s’étaient néanmoins répandues comme une traînée de poudre. Depuis, la joueuse n’a pas communiqué ou fait d’apparition publique et Zhang Gaoli n’a jamais réagi publiquement à ses accusations.

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