la Chine répond à la décision forte de la WTA et refuse toute « politisation »

Pékin a accusé l’instance qui gère le circuit féminin de tennis de « politisation du sport », après la décision de la WTA de suspendre les tournois en Chine en soutien à Peng Shuai.

« Nous sommes fermement opposés à toute politisation du sport », a déclaré jeudi un porte-parole de la diplomatie chinoise, en réaction à la décision prise par la WTA de suspendre les tournois de tennis féminin en Chine jusqu’à nouvel ordre. La veille, dans un communiqué virulent, le président de la WTA, Steve Simon, justifiait cette initiative par les « doutes sérieux » sur la liberté d’expression et de mouvement de Peng Shuai.

« En bonne conscience, je ne vois pas comment je peux demander à nos athlètes d’y participer à des tournois quand Peng Shuai n’est pas autorisée à communiquer librement et a, semble-t-il, subi des pressions pour revenir sur ses allégations d’abus sexuels », a écrit Steve Simon, dont la décision a été applaudie par l’actuel numéro 1 mondial du tennis masculin Novak Djokovic et d’autres stars de la discipline.

Un enjeu majeur pour la WTA

Le retrait décidé par la WTA pourrait coûter à terme des millions d’euros à l’organisation, car la Chine constitue l’un de ses plus gros marchés. Le pays n’a toutefois pas accueilli de tournois WTA récemment en raison du Covid-19 et n’en aurait vraisemblablement pas organisé dans un proche avenir.

Lors de la saison 2019, la dernière à ne pas avoir été touchée par l’épidémie, dix tournois avaient été organisés en Chine, dont les Masters féminins de fin d’année qui, avec 14 millions de dollars, avaient été mieux dotés financièrement que leurs équivalents masculins. « J’espère que les dirigeants du monde vont continuer à se manifester pour que justice soit rendue à Peng et à toutes les femmes, quelles qu’en soient les conséquences financières », a souligné Steve Simon dans son communiqué.

La réapparition de Peng Shuai n’a pas calmé l’inquiétude

Début novembre, dans un message publié sur le réseau social chinois Weibo, Peng Shuai accusait l’ex-vice Premier ministre Zhang Gaoli, de 40 ans son aîné et retraité depuis, de l’avoir abusée sexuellement avant d’en faire sa maîtresse. À la suite de la publication de ce texte, censuré, la joueuse de 35 ans avait disparu quelques jours. Elle était finalement réapparue le 21 novembre, dans un restaurant de Pékin et lors d’un tournoi de tennis organisé dans la capitale chinoise, selon des vidéos publiées par des médias officiels. Un mail lui étant attribué avait également été relayé.

« Même si nous savons maintenant où se trouve Peng, j’ai des doutes sérieux concernant le fait qu’elle soit libre, en sécurité et qu’elle ne soit pas soumise à la censure, à la coercition ni à l’intimidation », avait cependant affirmé le patron de la WTA, partageant l’inquiétude d’autres acteurs du sport et des soutiens de la joueuse qui se sont exprimés sur les réseaux sociaux avec les hashtags #WhereIsPengShuai et #FreePengShuai.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Lire la suite

Récent