l’ATP réclame une « communication directe », mais ne suit pas le boycott de la WTA

Si la WTA a décidé de suspendre ses tournois en Chine pour apporter son soutien à Peng Shuai, l’ATP plaide pour une autre approche. Elle considère que le meilleur moyen d’influer sur sa situation en Chine est de privilégier une présence sur place.

Le tennis mondial continue d’afficher sa détermination dans l’affaire Peng Shuai. L’ATP, qui gère le circuit professionnel masculin, a réclamé jeudi un accès direct à la joueuse de 35 ans, qui a accusé début novembre un ancien haut dirigeant chinois d’agression sexuelle. L’ATP considère que le meilleur moyen d’influer sur sa situation en Chine est de privilégier une présence sur place, selon un communiqué.

« Nous renouvelons notre appel pressant à l’ouverture d’une ligne de communication directe entre la joueuse et la WTA afin d’établir une image plus claire de sa situation », a déclaré le président de l’ATP Andrea Gaudenzi dans un texte qui ne cite pas une seule fois la Chine. Et, contrairement à la WTA qui refuse de retourner jouer en Chine ou à Hong Kong tant que cette histoire n’est pas réglée, Gaudenzi estime qu’une « présence dans le monde entier donne une meilleure chance d’obtenir des résultats ».

« Des craintes au sein et en-dehors de notre sport »

« La situation concernant Peng Shuai continue de soulever des craintes au sein et en-dehors de notre sport. La réponse à ces inquiétudes est jusque-là insuffisante », dénonce-t-il cependant. « Nous continuons de discuter avec nos membres et de suivre les évolutions de cette affaire », conclut-il dans un court texte.

Le mois dernier, dans un message publié sur le réseau social chinois Weibo, qui avait vite disparu, Peng Shuai avait notamment accusé l’ancien vice-Premier ministre chinois Zhang Gaoli, marié et de 40 ans son aîné, de l’avoir contrainte à une relation sexuelle. La jeune femme est réapparue le 21 novembre dans un restaurant de Pékin et lors d’un tournoi de tennis organisé dans la capitale chinoise, selon des vidéos publiées par des journalistes de médias officiels.

Elle a aussi déclaré lors d’une visioconférence avec le président du CIO, Thomas Bach, être « saine et sauve à son domicile à Pékin » mais qu’elle « aimerait que sa vie privée soit respectée ». Insuffisant pour la WTA, l’instance gérant le circuit féminin de tennis. « Rien de tout cela n’est acceptable et ne le sera jamais. Si les puissants peuvent supprimer les voix de femmes et balayer sous le tapis des accusations d’abus sexuels, alors les fondements sur lesquels reposent la WTA — égalité pour les femmes — seraient fortement ébranlés », a souligné son président Steve Simon cette semaine.

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