Célio, Décathlon, quand les marques moins huppées, se lancent dans le tennis, c’est un carton

Au-delà du sportif, où cela se passe bien sur le court en ce début d’Open d’Australie pour les joueurs français, cela se passe très bien en dehors. Benoit Paire et Gaël Monfils ont innové, abandonnant les sponsors traditionnels de la discipline pour se tourner vers des marques françaises, pas toujours issue du sport, avec une cible traditionnellement grand public, qu’ils apprécient ou qu’ils ont découvert et qui leur proposent un tout fonctionnement inédit.

Vous l’avez peut-être remarqué en ce début de tournoi australien, Benoit Paire porte une tenue de couleur beige, avec inscrit « Be Normal » sur le torse, ce qui n’est pourtant pas la marque de fabrique du fantasque Avignonais. Entre Benoît Paire et la marque de prêt-à-porter française Celio, le mariage s’est conclu en à peine 24 heures l’été dernier: « Etant un joueur du dimanche, je me suis rendu compte que pleins de gens l’adoraient et se retrouvaient en lui, confie Sébastien Bismuth, président du directoire. Être une machine de guerre comme Federer ou Nadal c’est bien, mais finalement Benoit c’est un joueur normal, un mec normal, qui craque. Il a ses faiblesses dans lesquelles moi je me reconnais et dans lesquelles tout le monde se reconnait. On s’est dit, c’est l’ambassadeur parfait pour nous. »

Après ce premier test la saison passée du côté de l’US Open, Benoit Paire et Celio ont décidé de repartir ensemble pour une saison, mais à coup sûr le mariage va durer bien plus longtemps: « Le rapport que j’ai avec Celio, je ne l’ai jamais eu avec aucune autre marque. On s’appelle, on s’envoie des messages, on se tient au courant. Ils sont venus chez moi. C’est moi qui décide un petit peu des couleurs, de la matière, de la coupe. En fait, c’est tellement rare dans ce milieu, je pense que c’est bien que les joueurs portent ce qu’ils ont envie de porter. Souvent on nous impose des couleurs, des tenues qui ne sont pas forcément ce que l’on a envie de porter, et que l’on trouve bien dans la vie. » D’ailleurs au printemps Benoit Paire va lancer une marque lifestyle.  

Alors évidemment, on n’est pas sur le même créneau que d’autres marques très présentes sur le circuit. Le tennis était un monde inconnu pour les équipes de Sébastien Bismuth. « On veut que Celio redevienne ce qu’elle était, une marque présente dans l’esprit des gens, populaire. On veut retrouver cette complicité », souffle Sébastien Bismuth. « Moi j’avais envie de faire des tenues assez classes et assez unies, et ils m’ont directement dit ‘vas-y Benoit, on te suit, on te fait confiance’. Dans le vestiaire, les joueurs me disent ‘elle est vraiment belle ta tenue!' » « Le premier match après avoir signé avec eux. Je casse un parasol, cela ne se passe pas bien. J’envoie un message à mon agent et il me dit ‘ils ont regardé tous le match et ils ont bien rigolé’. Et là je me suis dit ce n’est pas comme d’habitude. » Dans ce contrat, aucune clause de résultats, aucune clause de « bon comportement », pourtant commune dans le monde du tennis.  

Monfils: « Artengo, Decathlon, tout le monde est sceptique. (…) mais la raquette est incroyable. »

Dans le même genre, nouveau cap pour Gaël Monfils qui a signé un partenariat de cinq ans avec Artengo, la marque Tennis de Decathlon (raquette, vêtements, et chaussures). Pour la première fois, la marque de sport française signe un joueur du Top 100. Avec l’ambition à moyen terme de se constituer une « team » de quatre joueurs (2 hommes, 2 femmes). Même si au départ le numéro 1 français a eu quelques doutes, ne connaissant personne « qui jouait avec Artengo », la confiance s’est vite installée. Monfils étant impressionné par le professionnalisme de la marque: « L’équipe est incroyable, elle a fait un travail de dingue. Chaque fois que je faisais une critique, le lendemain j’avais le truc parfait. La fibre, la couleur… En une semaine, ils ont réussi à me changer la raquette. Il y avait une réactivité exceptionnelle. »

Le directeur d’Artengo, Cyril Perrin explique l’origine du projet: « On est une petite marque toute jeune encore si on prend l’histoire plus que centenaire du tennis, explique-t-il. Au début, nous nous sommes attachés à rendre la marque accessible à tous, aussi bien en termes de technicité et d’apprentissage que de prix. Progressivement, on s’est intéressé aux joueurs de clubs et depuis cinq six ans on est assez focalisé sur des produits experts pour les joueurs passionnés de très bon niveau. » Et le numéro 1 français en profite pour laisser de côté les préjugés: « Les étrangers ne connaissent pas et n’ont aucun a priori. Forcément en France je m’attends à des commentaires néfastes. On ne va pas se cacher, Artengo, Decathlon, tout le monde est sceptique. C’est une marque moins bien connue, qui est un peu plus cheap que les autres. On a l’impression que ce n’est pas forcément de la bonne qualité, mais la raquette est incroyable. J’ai été dès le départ agréablement surpris de la qualité du matériel », avoue Gaël Monfils. Sur sa fin de carrière, Monfils avait envie d’un partenariat plus global. Il travaille également sur un projet de création de balles avec la marque. Des chaussures sur-mesure sont également en cours de finalisation. Enfin ce partenariat a aussi comme objectif la cohabitation entre très haut niveau et grand public. Sa raquette est vendue en magasin à 120 euros. Là aussi loin des standards habituels du tennis de haut niveau.  

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