la paire Kyrgios-Kokkinakis enflamme Melbourne… et ça ne plaît pas à tout le monde

Associés en double, Nick Kyrgios et Thanasi Kokkinakis se sont qualifiés pour les quarts de finale de l’Open d’Australie, où chacune de leurs apparitions crée l’évènement. Le public australien fait montre d’un enthousiasme débordant pour cette paire étonnante.

La foule en extase en redemande. Depuis le premier jour de cet Open d’Australie, Nick Kyrgios et Thanasi Kokkinakis enflamment le public de Melbourne. Éliminés assez tôt en simple – Kyrgios après avoir donné du fil à retordre à Daniil Medvedev – les deux trublions font le show en double, et le public prend un malin plaisir à s’associer au spectacle, a fortiori en ce temps difficiles, plus que jamais derrière sa paire de héros.

Les « Ouuuuh » accompagnent les services surpuissants de Nick Kyrgios, claqués à plus de 200 km/h, dans un vacarme assourdissant qui fait trembler le stade. Ce qui n’empêche pas Kyrgios d’en demander toujours davantage, lui qui se nourrit de ces ambiances, et qui n’est jamais aussi fort que quand il est soutenu de la sorte.

Les Australiens s’en sont donné à cœur joie dans une Kia Arena absolument survoltée, tellement bruyante qu’on l’entendait jusqu’autour de la Rod Laver Arena, selon certains témoignages. Ce fut le cas vendredi à l’occasion d’un exploit retentissant face à la paire croate Mektic-Pavic, la meilleure du monde, championne olympique. Puis de nouveau contre Gonzalo Escobar et Ariel Behar, battus 6-4, 4-6, 6-4.

Les Croates ont eu du mal à accepter d’avoir perdu dans ces conditions, parfois à la limite du respect des joueurs et du règlement. « Il y a une paire immonde dans ce tournoi qu’il faut réussir à battre et, malheureusement, nous avons échoué », a réagi à chaud Mektic, désabusé. Le talent des Australiens, quand ils sont aussi investis, associé au public de Melbourne qui, même à 50% de sa jauge, lorsqu’il est déchaîné, renvoie aux plus chaudes ambiances de la Coupe Davis d’antan, est capable de faire imploser n’importe quel joueur, n’importe quelle équipe.

Kyrgios: « Je suis dans un état d’esprit différent »

Si Daniil Medvedev s’en était plaint, la rencontre de double a viré au règlement de comptes dans les vestiaires vendredi. Kyrgios s’est même fendu d’un tweet dans lequel il affirme que le coach et le préparateur physique ont menacé d’en « venir aux mains » : « Je vais être honnête, c’est le préparateur physique de Pavic qui s’est approché, a expliqué Kokkinakis. Il s’est approché de Nick et a dit que nous étions irrespectueux. Ils ont dit qu’on faisait de l’esbroufe, mais je suis sûr que si on avait joué à l’extérieur en Croatie, ça aurait été la même chose. Je pensais qu’ils supporteraient la défaite un peu mieux que ça. » Qualifiés pour les quarts, Kyrgios et Kokkinakis se prennent à rêver d’un improbable titre sur leurs terres.

Libéré d’un poids qui pesait sur ses épaules après un premier titre ATP à Adélaïde, Kokkinakis se sent plus léger, lui qui a tant souffert ces dernières années. Aux côtés de son ami d’enfance, l’impétueux et imprévisible Nick Kyrgios, Kokkinakis a retrouvé le sourire et ne pense qu’à « se divertir et s’amuser » sur le court. Le divertissement était leur priorité absolue sur cette quinzaine, mais à mesure qu’ils montent en puissance à Melbourne, remporter un titre de double figure désormais en bonne place sur leur liste de priorités.

« Honnêtement, j’ai l’impression d’être le favori sur le terrain », a déclaré Kyrgios. La façon dont [Kokkinakis] joue, il est évidemment très confiant, ce qui est incroyable à voir. J’ai l’impression qu’on est dans le coup. C’est le meilleur double que nous ayons joué ensemble (ils n’avaient plus joué ensemble depuis 2015). »

Ils n’ont pas fini de faire du bruit

« Je sais que je suis définitivement dans un état d’esprit différent, a-t-il ajouté. Je ne sais pas ce qui s’est passé, je me sens différent. Dans le passé, lorsque je jouais en double, je n’avais pas l’impression d’en faire assez sur le terrain. Maintenant, je fais plus de retours qu’avant. J’essaie de montrer l’exemple, d’une certaine manière, mais il joue très bien aussi. »

La symbiose parfaite entre les deux compères crève les yeux, et le public apprécie cette authenticité de la part de joueurs qui ne calculent rien. Si bien que, lorsque Nick Kyrgios rate un smash facile et se tord de rire avec son complice, le public australien se joint à eux, souhaitant que cela ne s’arrête jamais.

« J’ai vu les audiences télévisées – elles ont augmenté de 45%, mon pote. Parfois, il y a plus de gens qui nous regardent que des gars qui jouent en simple. » Et si le tennis avait finalement besoin de rompre avec cette exigence de sobriété qu’il impose à ses représentants pour mieux épouser la folie de l’intermittent Kyrgios quand elle se manifeste ? Il va en tout cas falloir s’y habituer, cette paire-là ne joue plus qu’à deux. Elle joue à trois. Et elle n’a pas fini de faire du bruit, n’en déplaise à ses adversaires.

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